Table ronde 5 : Médias et littérature : une collaboration nécessaire, mais à construire
Mardi 28 avril 2026. La première journée de la 16e édition du SILA se referme sur une question qui dérange : « les gens des médias lisent-ils encore ? ».
C’est autour de ce sujet « Médias et vie littéraire : la nécessaire collaboration », que s’est tenue la dernière table ronde de la journée, modérée par le Dr Didier Brou Anoh. Tiburce Koffi, Euphrem Youkpo et Éric Monjour étaient face au public pour dire ce qu’ils pensent vraiment.

Le livre a besoin des médias. Les médias ont besoin du livre.
Euphrem Youkpo pose le décor sans détour : littérature et médias ne peuvent être dissociés. Sans les médias, pas de promotion. Pas de promotion, pas de visibilité. Mais l’équation ne s’arrête pas là. « Avec les médias, il est question de business », rappelle-t-il. Les écrivains doivent eux aussi proposer un travail fort, un contenu qui donne envie aux médias de s’y intéresser. « La littérature existe dans les médias. Il faut trouver la bonne stratégie pour affiner l’harmonie. »
La nostalgie de Tiburce Koffi
Tiburce Koffi, lui, se souvient. « Les mardis, tout bon étudiant allait chercher des articles pour lire » parce que les journaux avaient des rubriques entières dédiées à la littérature. Aujourd’hui, ces rubriques ont disparu. Même les gens des médias ne lisent plus. Mais Tiburce Koffi ne condamne pas. Il adapte. « Il faut éviter de condamner la nouvelle génération », dit-il. L’époque a changé. Les réponses doivent changer aussi.
Ailleurs, la littérature continue.
Éric Monjour, écrivain français, porte un regard extérieur. La littérature, elle, ne s’est pas arrêtée. En Côte d’Ivoire, « tout est en devenir ». Ce n’est pas un constat d’échec. C’est une invitation à agir maintenant pour récolter demain.
Les trois intervenants s’accordent sur une feuille de route : redynamiser les émissions littéraires, rétablir des rubriques livres dans les journaux, et impliquer le ministère de la Culture et le ministère de la Communication. La collaboration entre médias et littérature n’est pas une option. C’est une urgence.
Dion Reine Bénédicte

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