L’IA face à l’édition. Une alliance nécessaire
C’est à la salle 4 de la Mezzanine du Parc d’Exposition d’Abidjan que s’est tenue la masterclass de ce jeudi 30 avril 2026. Thème : « Intelligence Artificielle et Édition ». Modérée par Aïcha Sylla, membre de la Direction scientifique du SILA 2026, cette masterclass s’est inscrite dans le cadre de la 3e journée de ce grand rassemblement autour du livre. Une discussion avec pour intervenant Amine Turki. Il est le Directeur général et cofondateur de I-Way, une entreprise tunisienne spécialisée dans l’externalisation de projets informatiques, reconnue pour son expertise et son innovation.

« L’IA a commencé à être enseignée en Tunisie dès 1986 », se rappelle Amine Turki, citant en exemple de vieux articles datant de cette époque. Pour lui, « parler de l’IA donne l’impression d’une révolution, pourtant c’est une continuité », soutient-il.
Amine Turki se penche sur la chaîne du livre, qu’il décrit comme composée de 5 éléments majeurs : l’écriture, l’auteur, la fabrication, la diffusion et la consommation. « L’intelligence artificielle doit être intégrée à chaque étape de cette chaîne », ajoute-t-il.
À titre d’illustration, bien qu’arabophone, il peine à rédiger correctement en arabe. « Depuis l’arrivée de certains outils de l’IA, cela m’a énormément facilité la tâche », confie-t-il. « L’IA a permis la traduction automatique et a pu être utilisée comme lecteur adaptatif, facilitant ainsi l’accessibilité des livres aux personnes malvoyantes », rapporte le Directeur général de I-Way.
« Avec l’IA, peut-on encore parler de la crédibilité et de l’authenticité d’un écrivain ? Si l’IA écrit à sa place, quelle est la valeur du travail de l’auteur ? », demande une participante dans la salle.
Pour appuyer sa question, elle cite de grands auteurs comme Léopold Sédar Senghor, David Diop et Bernard Dadié, qui ont marqué la littérature grâce à leur génie personnel, « sans IA ».
« Il existe des logiciels capables de détecter la présence de l’IA dans les écrits », répond l’orateur.
« Dans les contrats soumis aux auteurs, l’utilisation de l’IA est explicitement interdite. Si elle a été utilisée, l’auteur doit obligatoirement le notifier », certifie une éditrice venue du Québec pour le SILA.
« L’intelligence artificielle s’est inspirée de l’intelligence humaine », rappelle Amine Turki. « L’IA ne doit pas être perçue comme un ennemi. Certains métiers disparaîtront, d’autres seront créés, mais l’édition, elle, ne mourra pas », conclut-il.
Ange Debordoh

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