SILA 2026 : quand le Slam fait vivre les mots

Sur le visage des spectateurs et des compétiteurs, on peut lire le stress et l’anxiété. C’est le cas de Salimata Bah, étudiante venue soutenir son amie en lice. « Je la connais, je sais ce que ce moment représente pour elle. Alors forcément, mon cœur bat pour elle aussi. Je suis là, dans cette salle, et je lui envoie toute mon énergie. Qu’elle gagne ou pas, je suis fière d’elle », confie-t-elle, sourire nerveux aux lèvres.

Ce jour-là, ils sont 6 en lice. Placée sous le thème de la 16e édition du SILA « Lire pour bâtir », la compétition laisse aux slameurs toute liberté dans le choix de leur angle. Une liberté dont ils se saisissent avec audace, faisant vaciller leurs textes entre des thématiques aussi diverses que poignantes : la dépravation des mœurs, le deuil d’un père parti trop tôt, ou encore la perte d’inspiration d’un artiste face au silence de sa propre voix.

Les mots fusent, se rencontrent, se contredisent. C’est finalement Kouakou Ghislain dit Selano Slam qui convainc le jury et s’impose comme le grand vainqueur de la soirée. « C’était difficile, entre le stress, le trac et bien d’autres choses encore. Mais malgré tout, nous avons gardé espoir et nous avons su le faire », se réjouit-il.

Le Salon International du Livre, à l’origine de cette initiative audacieuse, entend marier la page à la voix en alliant la littérature à la performance. « Le SILA promeut la lecture, on veut un dynamisme des mots, des phrases. On a l’impression de vivre les mots avec le slam, on marche avec les mots et on les sent. Les jeunes s’intéressent de plus en plus au SILA, on s’est dit que pour gagner les jeunes il fallait s’intéresser davantage au slam », explique le Dr N’Dri.

Yéo Koundéné

Laisser un commentaire