Table ronde 2 : Former aux métiers du livre : un enjeu stratégique au cœur du SILA
À l’occasion de la deuxième journée du Salon International du Livre d’Abidjan, une table ronde consacrée à la formation aux métiers du livre s’est tenue le mercredi 29 avril 2026 au Parc des Expositions d’Abidjan.
Modérée par Soro Brahima, la rencontre a réuni plusieurs acteurs du secteur, dont Dr Hervé Coulibaly, Marie-Agathe Amoikon-Fauquembergue, Christelle Noah et Michel Choueiri, autour d’une problématique centrale : comment structurer durablement la filière du livre à travers la formation ?
Dès l’ouverture des échanges, Dr Hervé Coulibaly a insisté sur le rôle fondamental du livre dans la société : « Le livre construit et enrichit ». Pour l’Enseignant-Chercheur et responsable du Master des Métiers du Livre UFHB, la formation aux métiers du livre ne peut plus être marginale. Il appelle ainsi les pouvoirs publics à investir davantage dans ce secteur afin d’offrir « des opportunités concrètes aux élèves et aux étudiants ».

La question de l’éducation à la lecture a également occupé une place importante dans les discussions. Deux leviers majeurs ont été identifiés. D’une part, l’éveil précoce, avec l’introduction de bibliothèques dans les écoles primaires, afin de « inculquer l’amour de la lecture dès le plus jeune âge ». D’autre part, la nécessité de proposer un contenu adapté, notamment en direction du jeune public. Comme l’a souligné Marie-Agathe Amoikon-Fauquembergue, PDG des Éditions Éburnie, il est essentiel de développer une offre de livres jeunesse capable de capter l’intérêt de cette cible.
Au-delà de la formation initiale, les panélistes ont également insisté sur la structuration globale de la filière. Michel Choueiri a notamment plaidé pour un renforcement de la chaîne du livre à travers la formation continue et une meilleure collaboration entre les acteurs. Le président de l’Association internationale des libraires francophones (AILF) a appelé à une « solidarité entre les éditeurs et l’ensemble des professionnels du secteur », avec un objectif commun : « sauver la jeunesse par la culture et le savoir ».
Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé : le développement du secteur du livre en Côte d’Ivoire repose sur une synergie entre institutions, professionnels et système éducatif. La formation, associée à un accès facilité au livre dès le plus jeune âge, apparaît comme un levier essentiel pour construire une filière solide et durable.
Anne Ehouman

Laisser un commentaire