Bibliothèques, cantines, mairies : les collectivités peuvent-elle réconcilier les jeunes avec le livre ?
Vendredi 1er mai 2026, 15h30. Salle RDC du Parc des Expositions de Port-Bouët. La table ronde s’ouvre dans une ambiance inattendue. Les danseurs de Goly donnent le ton avant que les mots prennent le relais. Le sujet du jour : Vulgariser la lecture : quel apport des collectivités décentralisées ?

Amadou Koné, ministre des Transports et des Affaires maritimes, et maire de Bouaké, entre dans le vif du sujet avec une conviction qui ne laisse pas de place au doute. « Le livre est un voyage à travers le monde, à travers l’histoire. Et lorsqu’on est bien construit, on permet une bonne communauté ». Pour lui, la culture n’est pas un luxe. C’est une condition de leadership. « Ce n’est pas possible d’être quelqu’un de cultivé sans lecture. Si vous n’êtes pas cultivé, vous ne pouvez pas être un leader»,
Pour joindre l’acte aux mots. il a fait construire une dizaine de bibliothèques à Bouaké. C’était avant mandat. Plus récemment, Bouaké fait son SILA lui a permis de constater quelque chose qui l’a touché. Une passion réelle pour la lecture chez les jeunes filles. Sa prochaine ambition : créer les conditions dans les établissements scolaires, avec des cantines, pour que la lecture devienne une habitude naturelle et non un effort. Il salue au passage la ministre de la Culture, Françoise Remarck, pour son combat autour d’une bibliothèque au Centre Culturel Jacques Aka de Bouaké.
Siaka Koné, Directeur national du Centre Technique de Lecture Publique et d’Animation Culturelle (CENATELPAC), prolonge la réflexion. Pour lui, le thème du SILA dit tout. « Chaque page lue est un matériel de construction», indique-t-il. Son approche est pragmatique : adosser aux bibliothèques des centres d’animation pour attirer les jeunes, en partenariat avec les mairies. Parce qu’une bibliothèque vide ne sert à rien.
Mona Azzam, professeure à l’Université de Montpellier, apporte une note personnelle qui résonne dans la salle. « J’ai appris à lire à Katiola. Je dois beaucoup à ce village. Je suis doublement ancrée dans le livre », raconte-t-il.
La rencontre se ferme sur une phrase d’Amadou Koné, simple et définitive :« Si vous lisez, quelles que soient les difficultés, en tournant les pages vous y trouverez la solution. »
Kabilly Meye Thely

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