L’encre comme thérapie : quand les femmes prennent la plume pour se libérer
Samedi 2 mai 2026. Dernière journée du SILA. Dans la salle de conférences du Parc des Expositions, quatre femmes prennent place autour d’une table. Marie-Laure Angoran, Dominique Arron, Anzata Ouattara et Frédérique Saint-Julien. Le thème annoncé : De Lectrices à Autrices : une Expérience Féministe de la Littérature. Ce qui suit ressemble moins à une conférence qu’à une confession collective.

Dominique Arron ouvre le ton sans détour. « L’écriture est devenue mon exutoire. Faut que ça sorte via les pages (…) c’est un bout de mon âme que j’avais besoin d’évacuer », avoue la Consultante et Coordinatrice de Projets. Elle est également correctrice d’écrits et autrice.
Pour ces femmes, écrire n’est pas d’abord une ambition littéraire. C’est une nécessité. Une façon de survivre à ce que la vie met sur le chemin.
Mais la reconnaissance, quand elle arrive, apporte ses propres tourments. Anzata Ouattara raconte un succès précoce qui l’a prise de court. « Le succès est arrivé vite. Trop vite, peut-être. Là où d’autres auraient savouré la reconnaissance, c’est la panique qui s’est installée », reconnaît l’auteur des « coups de la vie ». Sans formation journalistique, sans le sentiment d’avoir payé le prix d’une légitimité, écrire de grandes choses devient paradoxalement une source d’angoisse.
Le syndrome de l’imposteur. Un mal que beaucoup reconnaissent en silence.
Et puis il y a le regard du secteur. Celui qui doute, qui questionne, qui teste. Marie-Laure Angoran met des mots dessus sans ménagement : « On se retrouve très souvent sur une falaise de verre. On nous confie les secteurs minés. Il y a des résultats à prouver. Il y a un manque de confiance envers les femmes. »
Ces grandes figures féminines de la littérature ivoirienne et internationale ont parlé sans filtre. De la page comme espace de liberté. De la légitimité comme combat permanent. Et de la sororité comme seule réponse possible.
Yéo Koundéné

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